créatif Archives - Joannie Therrien

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5 trucs pour améliorer votre composition!

Est-ce qu’il vous arrive de vous retrouver devant une photo qui avait tout pour réussir, mais qui est restée un peu BOF? 

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi vos photos n’attirent pas l’attention? 

Si oui, vous allez adorer le thème de la semaine! Cette semaine, je vous donne mes trucs les plus utiles pour améliorer votre composition! 


Truc numéro 1 : gardez la ligne d’horizon droite!
 

Imaginez entrer dans une maison et voir un plancher qui penche! Vous allez vous sentir en déséquilibre, n’est-ce pas? Ça ne sera pas agréable. 

C’est exactement ce que ressentent vos spectateurs lorsqu’ils voient une photo «croche».

Mais comment s’assurer d’avoir un horizon droit? 

D'abord, activez la grille dans votre viseur. Ainsi, vous allez voir tout de suite si l’horizon n’est pas droit. Vous pouvez aussi valider le tout en affichant le niveau dans votre appareil. Si la ligne d’horizon n’est pas visible, utilisez les lignes verticales comme repères (les arbres, les édifices, etc).

Grille dans le viseur d'un appareil nikon

Mais si l’horizon n’était pas droit à la prise de vue ou que la ligne d’horizon semble courbée, voici quoi faire!

Premièrement, activez la correction de l’objectif dans votre logiciel de traitement. Cet outil permet d’éliminer les défauts de l’objectif quand votre photo a l’air bombée.

Panneau de Correction de l'objectif dans Lightroom

Ensuite, dans l'outil transformation, vous pouvez  corriger les perspectives s’il y a lieu. C'est très utile surtout en architecture lorsque les verticales ne sont pas droites. 

Module de transformation de Lightroom

Deuxièmement, utilisez l’outil de recadrage pour faire tourner votre photo jusqu’à qu’elle ait l’air bien droite! 

Outil de recadrage de Lightroom


Truc numéro 2 : utilisez la règle des tiers!
 

Vous avez probablement déjà entendu parler de la fameuse règle des tiers. Mais qu’est-ce que c’est exactement? 

La règle des tiers divise une image en 9 parties égales, avec deux lignes verticales et deux lignes horizontales, comme une grille de tic-tac-toe.

La règle des tiers veut que les points les plus forts de l’image se trouvent sur les lignes et au croisement des lignes de tiers. 

Donc, essayez de placer votre sujet principal ou la ligne d’horizon sur la ligne de tiers. En portrait, placez l’oeil le plus net au croisement des lignes. 

Si vous avez de la difficulté à visualiser la règle des tiers, vous pouvez aussi utiliser les outils de recadrage de vos logiciels de traitement. Ils ont souvent une grille pour vous aider à mieux visualiser la règle des tiers! 

Photo recadrée selon la règle des tiers dans Lightroom


Truc numéro 3 : Simplifiez! 

Avez-vous déjà eu besoin d’expliquer ce que vous avez photographié? C’est poche! Mais pourquoi ça arrive?

Si vous devez expliquer ce que vous avez photographié, c’est parce que le sujet principal de votre photo n’est pas évident.

Quand vous décidez de prendre une photo, posez-vous la question : «qu’est-ce que je veux montrer?». 

Puis, simplifiez. Avant de prendre votre photo et de vous en aller, demandez-vous ce que vous pouvez éliminer de votre photo. 

Ensuite, vous pouvez: 

  • Vous rapprocher de votre sujet
  • Zoomer quitte à remplir le cadre presque uniquement avec ce sujet
  • Rendre l’arrière-plan plus flou
  • Vous déplacer et changer l’angle de l’appareil pour éliminer les distractions


Il y a plein de solutions possibles! Mais le principe est simple : si ça n’ajoute rien à la photo…enlevez-le! 

Voici un exemple de photo simplifiée par la composition. Dans la première photo, la fenêtre est une distraction. Alors, je me suis déplacée de l'autre côté de la rue pour avoir un arrière-plan plus uniforme.

Photo de modèle sur la rue avec une fenêtre derrière elle qui dérange la composition
Photo de modèle sur la rue devant un mur de couleur et texture neutre et uniforme


Truc numéro 4 : faites des compositions équilibrées

Avez-vous déjà utilisé la règle des tiers, pour ensuite constater que votre photo n’est pas tellement mieux? 

La vérité est que la règle des tiers n’est pas parfaite. Parfois, de placer le sujet au tiers de la photo crée du vide inutile. Tout le «poids» dans l’image se retrouve d’un seul côté. 

Pour régler le problème, on ajoute alors un autre élément dans l’image pour redonner de l’équilibre à la photo.

Comment fonctionne l'équilibre en composition? Voici quelques exemples.

Pour la première photo prise par Robert Lukeman, la cascade est très à droite dans le cadrage. Par contre, son «poids» est balancé avec celui du ciel, qui a autant d’intérêt et occupe autant d’espace, du côté opposé.

Photo d'une cascade au coucher du soleil par Robert Lukeman

Pour la deuxième photo, prise par David Marcu, le lac et la montage sont de la même taille et sont placés de façon presque symétrique de part et d’autre de la diagonale centrale. Encore une fois, un équilibre parfait! 

Photo d'un lac dans les montages, par David Marcu

Pour la troisième photo, il y a un bel équilibre entre les tons clairs et foncés. La moto prend beaucoup d’espace, mais la personne à côté en plus des rochers vient équilibrer la composition. Remarquez aussi comme l’espace entre les sujets et les côtés de la photo est pratiquement identique!

Photo d'un motard et sa moto en silhouette sur le bord de l'eau au coucher du soleil, par harley davidson

Comment appliquer l'équilibre à vos images? 

Pensez en termes de grand vs petit, vertical vs horizontal, ombre vs lumière, intérêt primaire et secondaire, emplacement dans le cadrage. Essayez de vous positionner de différentes façons pour créer de l’équilibre! 

Insert Video


Truc numéro 5 : encadrez vos sujets! 

Avez-vous déjà entendu parler du cadre dans le cadre? 

Cette technique de composition est très simple. Le but est d’utiliser des éléments du décor pour encadrer votre sujet. 

De cette façon, vous empêchez au regard de vos spectateurs de se «sauver» en dehors de votre photo! Cool, non? 

Vous pouvez utiliser toutes sortes de choses pour encadrer vos sujets : les bâtiments, les arbres, du feuillage, etc. 

Voici quelques exemples, de Nathan Dumlao, Benjamin Suter et Ole Witt ! 

Rocher encadré par des rochers sur la plage, par Nathan Dumlao
Piéton encadré par les édifices et les lignes au sol dans une grande ville américaine, par Benjamin Suter
Chalet dans les montages encadré par les branches enneigées d'un connifère, par Ole Witt

Conclusion

Bref, il y a une tonne de façons d'améliorer votre composition. 

Dans cet article, j'ai inclus les trucs et astuces qui m'ont le plus aidé à avoir des photos mieux cadrées qui ont plus d'impact! 

J'espère que cet article vous aidera à faire de meilleurs photos! 

N'hésitez pas à me partager vos astuces préférées dans les commentaires! 

Sur ce, je vous dit à bientôt, et bonnes photos! 


à propos de moi

Plusieurs années après la fin de mes études en photo, je suis toujours aussi passionnée. J’ai pratiqué la photographie dans de nombreux créneaux, du portrait à l’événementiel en passant par l’immobilier, la mode, le mariage, les bals de finissants et la photographie scolaire. J’ai été publiée sur des sites d’actualité musicale, en plus de photographier pour des catalogues de vêtements, de faire vendre des maisons, de travailler dans un studio de portrait et de photographier les élèves du primaire et du secondaire dans tout le Québec. Maintenant, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre, afin que la photographie devienne accessible à tous et qu’elle vous fasse sentir aussi vivant que moi! 

Recyclez vos fonds de studio en emballage cadeau chic et original!

Au moment d’écrire cet article, Noël arrive très rapidement! Et dans les derniers jours avant Noël, il se passe généralement 3 choses : on prépare le réveillon, on fait les achats de dernière minute… et on emballe des cadeaux!

Vous manquez de papier d’emballage? Votre papier d’emballage traditionnel n’est pas assez grand? Vous cherchez une idée pour un emballage cadeau chic et original?

La solution se trouve dans votre studio photo : vos fonds de papiers sont l’emballage parfait! 

Cette année, plutôt que de courir les magasins pour trouver l’emballage idéal, j’ai décidé de réutiliser mes fonds de papier usés. 

Si vous voulez apprendre à faire un emballage cadeau à la mode, digne de Pinterest, qui impressionnera petits et grands (en plus de respecter l’environnement) lisez ce qui suit! Si vous préférez la vidéo, vous pourrez voir les étapes sur Youtube!

PS : Vous n’avez pas de studio ni de fond en papier à recycler? Vous pouvez le remplacer par du papier kraft pour un effet semblable! 


Un emballage cadeau digne des magazines : ce dont vous avez besoin


Pour réaliser l’emballage cadeau que je vous propose aujourd’hui, vous aurez besoin des articles suivants : 

  • Un morceau de votre fond de papier à recycler
  • Un ruban à mesurer
  • Un fusil à colle chaude
  • Des ciseaux et/ou un couteau exacto
  • De la ficelle de chanvre ou de jute pour un effet rustique
  • De la peinture acrylique liquide et un pinceau plat assez large 
  • Des décorations pour vos cadeaux. J’ai choisi des branches décoratives de Noël du magasin à 1$, mais vous pouvez aussi utiliser des ornements de Noël à accrocher sur la ficelle! Utilisez votre créativité! 


Étape 1 : coupez votre nouveau papier cadeau


Commencez par couper votre fond de studio en papier pour enlever la partie usée. Il est préférable d’utiliser un couteau exacto. Ainsi, la coupe sera plus rapide et vous pourrez faire une coupe plus droite. 

Comme votre papier est sale du côté utilisé pour les photos, il faudra cacher cette face du papier. Étendez votre papier par terre et examinez-en l’endos. Choisissez une section du papier qui n’est pas trop sale. C’est ce côté qui sera visible. 

Placez votre boîte cadeau sur le papier pour déterminer approximativement la quantité de papier nécessaire. Vous pouvez finir la découpe au ciseau pour faire de belles lignes droites. Essayez de garder juste assez de papier pour faire vos pointes aux extrémités. Comme le papier est très épais, less is more! 


Étape 2 : mesurez votre papier


À la première étape, vous aurez certainement remarqué que le papier de studio est beaucoup plus rigide que le papier traditionnel. 

Si vous tentez d’emballer vos cadeaux de la façon habituelle, vous risquez d’avoir un peu de mal! 

Je vous conseille donc de mesurer les faces de votre boîte au préalable et de plier votre papier où les arrêtes se trouvent. Ainsi, le papier sera plus serré sur la boîte et vous obtiendrez un meilleur résultat. 


Étape 3 : collez et ajustez!


Commencez par coller l’extrémité du papier sous la boîte cadeau avec le fusil à colle chaude. 

J’utilise la colle pour éviter de laisser des morceaux de ruban adhésif visibles. Même si la colle n’est pas sèche à 100% dès le départ, ce n’est pas grave. Si vous avez plié le papier aux arrêtes à l’étape précédente, il n’y aura pas de tension sur le papier, et donc aucun risque que ça décolle.

Une fois que le tour de la boîte est emballé, il faudra créer les jolies pointes aux extrémités. 

Comme votre papier d’emballage est très rigide et épais, je vous conseille de couper le papier aux 4 coins. Rabattez et collez les côtés gauche et droit. 

Puis, pour les pointes, pliez d’abord le carton à l’envers sur la boîte. Puis, pliez vos triangles vers l’intérieur et collez- les, parce que le carton rigide tend à vouloir se déplier!) 

Enfin, rabattez et collez vos pointes sur la boîte.


Étape 4 : créer un effet avec la peinture


Pour mes cadeaux, j’ai utilisé de la peinture blanche pour donner l’illusion de neige qui serait tombée sur mes boîtes. 

Mais, dans cet exemple, je vais utiliser de la peinture noire puisque mon papier usé est blanc! 

Placez votre cadeau sur du papier journal (ou le reste de fond en papier que vous n’utiliserez pas). 

Pour créer l’effet de gouttelettes de peinture, trempez votre pinceau plat dans la peinture. Appliquez la peinture généreusement.

Passez votre doigt à travers les poils du pinceau pour créer les éclaboussures. 


Étape 5 : ajoutez les décorations


Attendez quelques minutes que la peinture sèche. 

Ensuite, vous pourrez ajouter les décorations de votre choix. Personnellement, j’ai coupé les branches de décorations avec des pinces. 

Puis, j’ai d’abord collé mes décorations sur les boîtes.

Enfin, j’ai ajouté de la corde de jute par dessus, pour créer un effet rustique. 


Conclusion


Bref, j’espère que cet article vous aura donné une bonne dose d’inspiration pour emballer des cadeaux qui se feront remarquer durant les fêtes, en plus de donner une deuxième vie à vos fonds de studio usés! 

N’hésitez pas à me partager vos résultats! 

À bientôt, et joyeuses fêtes! 


à propos de moi

Trois ans après la fin de mes études en photo, je suis toujours aussi passionnée. J’ai pratiqué la photographie dans de nombreux créneaux, du portrait à l’événementiel en passant par l’immobilier, la mode, le mariage, les bals de finissants et la photographie scolaire. J’ai été publiée sur des sites d’actualité musicale, en plus de photographier pour des catalogues de vêtements, de faire vendre des maisons, de travailler dans un studio de portrait et de photographier les élèves du primaire et du secondaire dans tout le Québec. Maintenant, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre, afin que la photographie devienne accessible à tous et qu’elle vous fasse sentir aussi vivant que moi! 

Faire plus de projets personnels, s’amuser plus et vivre de la photo!

Avez-vous déjà voulu faire plus de projets personnels sans arriver à les intégrer à votre emploi du temps chargé? Avez vous déjà rêvé d'organiser une exposition de vos plus belles oeuvres, mais abandonné l'idée? Avez-vous déjà voulu vous éclater avec d'autres professionnels, mais vous ne saviez pas comment les approcher? Vous êtes-vous déjà demandé comment faire la transition entre votre emploi et vivre de la photo?

Peu importe les questions qui vous touchent parmi celles-ci, je vous promets que vous allez adorer cet article!

L'article d'aujourd'hui est très spécial parce que c'est la première fois que je reçois une photographe professionnelle en entrevue sur mon blogue.

J'ai rencontré pour vous une jeune photographe de Québec qui est très talentueuse et créative. Elle a su se démarquer grâce à de nombreux projets personnels et ses séances photo conceptuelles.

La photographe dont je vous parle, c'est Sandra Des Trois Maisons, aussi connue sous le nom de Sandra Sunshine.

L’idée de cette entrevue m’est venue quand j’ai écrit un article invité sur Photogeek au sujet de l'importance des projets personnels. La personne qui me revenait constamment en tête pendant de la rédaction, c’était Sandra. J’ai alors voulu l’inviter en entrevue et j’ai été ravie qu’elle accepte mon invitation pour partager son cheminement avec vous!

Pssst! Voici l'entrevue en vidéo :

La naissance d'un projet conceptuel : de l'idée à l'exposition

En avril, Sandra a exposé son projet conceptuel intitulé Glitter Body Projet (voir la photo en début d'article). Le résultat est absolument grandiose. Je l'ai interrogé à savoir comment lui était venue l'idée d'un projet d'une telle originalité.

«En fait, dit-elle, ce projet personnel découle d'une autre séance conceptuelle que j'avais déjà faite dans le passé : la séance paillettes. L'idée de cette séance conceptuelle était d'intégrer des paillettes dans les cheveux, au niveau du maquillage, dans les vêtements. Dans mon enthousiasme, j'ai acheté trop de paillettes! Alors je me suis demandé, simplement, comment je pourrais utiliser ces paillettes que j'avais achetées en trop.»

«Puis, soudainement m'est venue l'idée de faire du body painting avec des paillettes. J'ai donc fait une petite annonce sur Facebook pour trouver des volontaires. J'avais besoin de femmes à l'aise avec leur corps, puisque la séance impliquait de la nudité. Une nudité couverte de paillettes, mais où on devinait clairement les formes du corps tout de même. Un bon nombre de femmes ont répondu à mon annonce. J'ai eu des personnes de tous âges, toutes formes et c'était vraiment intéressant.»

Comment organiser sa propre exposition rapidement, avec peu de moyens

À force de faire des photos dans le cadre de son projet, Sandra voyait le potentiel de ses photos. Comme la durée de vie sur les réseaux sociaux est courte, elle s'est dit que les images étaient trop belles pour n'avoir qu'une vie éphémère. D'autant plus que de nos jours, les photos sont souvent condamnées à ne rester que sur un écran d'ordinateur. Elle souhaitait afficher la beauté et la confiance de ces femmes pour leur rendre hommage. Je lui ai alors demandé comment elle avait organisé sa propre exposition.

Première étape : trouver le lieu

«J'ai commencé par chercher un endroit pour exposer mes oeuvres. Ce n'était pas évident, parce que les lieux d'exposition sont souvent réservés plusieurs mois à l'avance, alors que ma décision d'exposer était arrivée d'un seul coup. Je devais trouver un endroit qui pourrait recevoir un bon nombre de gens, en étant adapté pour afficher des oeuvres. C'est là que j'ai arrêté mon choix sur les Ateliers du Réacteur, à Québec. Le lieu peut être loué à la journée, en plus d'avoir un cachet est vraiment très intéressant.»

Deuxième étape : planifier l'accrochage, les amuses-gueule, la promotion et tout le reste

Interrogée sur ses meilleurs conseils en organisation d'un événement du genre, Sandra nous donne un truc simple, mais efficace : faire des listes!

«Personnellement, j'ai quand même certaines compétences en organisation. Je suis aussi une perfectionniste alors j'ai tendance à vraiment penser à tout. J'ai eu la chance d'avoir de l'aide de ma famille et de mon conjoint. J'ai aussi fait beaucoup de listes, pour m'assurer de ne rien oublier! En plus, c'est tellement satisfaisant de cocher ou barrer les tâches de la liste une fois accomplies!»

Troisième étape : attirer un public

Pour Sandra, l'élément le plus stressant était de savoir si son exposition allait attirer un public. Elle en a fait la promotion sur les réseaux sociaux à l'aide d'un événement Facebook, mais demeurait incertaine quant à la quantité de gens qui se déplaceraient.

« Ce qui m'inquiétait le plus, c'était de savoir s'il y aurait des gens. Sur les événements Facebook, les gens disent qu'ils sont intéressés ou qu'ils viennent,  mais finalement, personne ne se déplace. Heureusement, ça s'est très bien passé!  J'ai eu entre 60 et 70 personnes pendant la soirée. Il y avait des gens que je ne connaissais pas, il y avait aussi des clients. Ce n'était pas que la famille et les amis alors je suis vraiment satisfaite! Ce fut vraiment une belle réussite pour moi, d'autant plus que j'ai vendu la moitié de mes oeuvres! »

Trouver l'inspiration pour ses projets personnels et séances conceptuelles

En date d'écriture de cet article, Sandra compte déjà une quinzaine de projets conceptuels à son actif. Je l'ai donc interrogé à savoir comment elle trouvait toutes ses idées. Voici ce qu'elle m'a raconté:

«Tout a commencé avec l'émission America's Next Top Model. Le but de l'émission est de créer une nouvelle modèle américaine. À chaque émission, il y avait une séance photo thématique. Comme j'aime les belles coiffures, le maquillage et les vêtements, ça m'attirait beaucoup.»

«Au début, je reprenais les idées qu'il y avait dans cette émission-là. Inspirée d'une séance faite dans l'émission, une de mes premières séances conceptuelles était sur les 7 péchés.»

«Pour trouver mes collaborateurs, j'écrivais un petit mot sur Facebook et je demandais à mes amis si quelqu'un était disponible pour la coiffure, le maquillage, le modeling, ou simplement pour prêter des vêtements ou accessoires en lien avec le thème. Ce n'était pas encore très professionnel, je n'avais pas encore suivi mon cours en photographie quand j'ai commencé. De fil en aiguille, ça s'est rodé. J'ai fait mon cours et les photos étaient de meilleure qualité. Éventuellement, les gens étaient prêts à payer pour vivre cette expérience et avoir des photos qui sortent de l'ordinaire!»

Maximiser son temps pour faire plus de projets personnels : organisation, accessoires et décors

Pour arriver à faire autant de séances conceptuelles, Sandra nous dit que le secret est dans la préparation. Comme elle fait toutes les prises de vue en un week-end, tout doit être planifié à l'avance. Je lui ai donc demandé quel était son processus créatif.

« Officiellement, je fais une séance conceptuelle tous les deux mois. Seulement pour la préparation, il me faut parfois plus d'un mois pour trouver tous les accessoires dont j'ai besoin. Je crée aussi des vêtements, des bijoux ou des accessoires. J'invite parfois des designers et artisans québécois à prêter de leurs créations en échange de la visibilité. J'utilise aussi beaucoup d'éléments de seconde main. Ainsi, c'est plus économique, tout en évitant la surconsommation. Les magasins comme Emmaüs ou le Village des Valeurs sont de bons endroits où trouver des accessoires originaux pour un univers donné.»

Je lui ai demandé comment elle choisissait ses accessoires et comment elle faisait sa recherche. Elle m'a alors parlé de Pinterest. Pour chaque séance, elle prépare un tableau d'inspiration, non seulement pour les décors, mais également les poses, maquillages et coiffures. Elle m'a expliqué que ces tableaux servaient non seulement à l'inspirer, mais aussi à aider ses modèles moins expérimentés à se préparer pour leur séance.

L'art de transformer une séance photo en expérience mémorable : l'importance du travail d'équipe

Le secret d'une séance réussie, selon Sandra, c'est une collaboration à toute épreuve entre tous les intervenants d'un même projet. Quand je lui ai demandé à quoi ressemblait le déroulement typique d'une de ses séances conceptuelles, voici ce qu'elle m'a répondu : «Les séances sont ouvertes à tous. Alors j'ai des modèles expérimentés et moins expérimentés. J'ai même des clientes qui participent à presque toutes les séances! J'en suis à me demander si je devrais faire une carte fidélité!»

«Lorsque les filles arrivent pour leur séance, elles ont une heure de préparation avec la maquilleuse et la coiffeuse. On en profite au même moment pour choisir comment elles intégreront le concept, selon les vêtements qu'elles ont. Il y a beaucoup de place à l'interprétation. À partir des vêtements ou des accessoires qu'elles vont apporter, on va ajouter des choses que j'ai et on va construire le tout avec la coiffeuse et la maquilleuse.»

«Ce sont vraiment de belles journées. Tout le monde est content. Les filles (et parfois les gars) qui participent sont vraiment dorlotées comme des vedettes et sortent de la séance avec un boost de confiance en eux!»

Comment trouver les bons collaborateurs pour vos projets conceptuels

Sandra a débuté avec des amis, pour le plaisir. Maintenant que les séances ont pris beaucoup d'ampleur, elle travaille désormais avec d'autres professionnels. Je l'ai donc interrogé pour connaître sa façon de recruter des collaborateurs.

« En fait, je pense qu'être photographe c'est beaucoup un métier de contacts. Donc, beaucoup se fait par le bouche-à-oreille. Les gens parlent de leur expérience, alors cela amène de nouveaux clients...et de nouveaux collaborateurs aussi! Je connais beaucoup de photographes, de maquilleuses et de coiffeuses. Quand tu es dans le domaine, il ne faut pas avoir peur d'être ami avec les autres, de s'entraider, je pense que c'est important. Après cela, quand on cherche quelque chose, c'est vraiment plus facile de trouver ce dont on a besoin.»

Dans notre discussion, j'abondais dans le même sens qu'elle. Lorsque c'est un climat d'entraide qui prédomine, les gens sont plus enclins à vous aider dans vos projets, en sachant que vous leur rendrez la pareille. Le fait de publier vos images régulièrement peut aussi attirer des collaborateurs. Bref, les séances conceptuelles sont un bon prétexte pour réseauter.

Trouver des modèles, créer une relation de confiance et retenir les clients

Depuis ses débuts, Sandra a réussi à bâtir un groupe Facebook de plus de 200 abonnés, tous intéressés à participer à ses séances photo. Comment est-elle arrivée à se résultat? La réponse risque de vous surprendre :

«Souvent, pour les idées que j'avais au niveau de la photographie, je postais sur ma page Facebook personnelle pour trouver un modèle qui correspondait à ma vision. Éventuellement, je me suis dit que ce serait préférable de créer un groupe. Ainsi, chaque fois que je chercherais quelqu'un en particulier, ou que j'aurais besoin de quelqu'un qui soit disponible une telle journée pour un projet, ça serait plus facile à gérer, plutôt que d'importuner les gens qui s'en foutent de la photo ou qui ne veulent pas être modèles. Donc, cela permet de centraliser les gens qui ont une envie d'être modèle ou de participer à des séances photo plus créatives.»

Créer des relations qui durent

Lorsque je lui ai demandé comment elle créait une relation de confiance avec ses clients pour faire en sorte qu'ils reviennent sans cesse vers elle, Sandra est restée bien modeste.

«Je crois que cela se fait naturellement. Quand tu es photographe, tu dois être à l'écoute des gens pour être en mesure de créer une image qui corresponde à leurs besoins. Si tu es une bonne personne et que tu as à coeur le bien-être de tes sujets, la confiance s'installera d'elle-même.»

«Je pars avec l'idée que chaque personne a une beauté ou est belle à sa manière et mon rôle est de travailler autour de cette beauté là, finalement. Si tu trouves que la personne est belle, la personne, lorsqu'elle verra ses photos, n'aura pas le choix de se trouver belle!»

Il faut aussi garder à l'esprit que d'être portraitiste, ce n'est pas de montrer toute la personnalité d'une personne dans une photo, mais plutôt notre interprétation artistique de celle-ci.

Comment aller chercher beaucoup de visibilité, sans se casser la tête

Lorsque je lui ai demandé comment elle faisait pour aller chercher de la visibilité, Sandra Sunshine m'a dit que l'essentiel demeure assez simple : il suffit de publier. Simple en théorie, parfois moins simple en pratique, elle a pourtant vraiment insisté sur l'importance de montrer le fruit de son travail.

«L'important, c'est de ne jamais arrêter de faire des photos. Plus tu produis, plus tu publies. J'ai eu des stagiaires de l'école où j'ai étudié et je le dis aux filles : PUBLIE! Oui, c'est beau, tu as fait la photo, elle est belle, mais montre là! Il ne faut pas avoir peur de montrer ce qu'on fait et de le publier , pour que les gens le voient et que les modèles se voient aussi. Si tu fais plein de photos, mais que tu ne publies jamais, les modèles vont se demander où sont leurs photos. Il faut que ça vaille la peine de faire tous ces efforts, et ça ne sert à rien si personne ne voit ton travail!»

Bref, pour être vu, il faut avoir quelque chose à montrer. On ne peut pas avoir de clients si ces derniers ne savent pas qu'on existe!

Gérer le stress de publication

Comme le moment de la publication peut être un moment de vulnérabilité pour les artistes, je lui ai demandé comment elle gérait sa nervosité avant de publier.

«Je pense qu'il faut avoir confiance en soi et en ce qu'on fait. Il y a toujours un petit stress d'appuyer sur le bouton publier. Tout à coup que les gens se disent  «mais qu'est-ce que c'est que ça» ou qu'ils pensent que je me suis plantée. Mais, il faut dire que la photographie c'est un art et que ça reste subjectif. Tout le monde ne peut pas aimer mon travail et c'est tout à fait normal. Il ne faut pas s'arrêter à ça. Si vous avez des idées et que vous voulez les créer, les monter, faites-le! Ne vous arrêtez pas à ce que les gens disent, parce que peut-être que votre cercle qui est plus près de vous aime moins ce que vous faites, alors qu'en dehors de ce cercle-là, il y a gens qui vont vous adorer et qui vont vouloir participer à vos projets!»

Créer un buzz autour de son travail

Suite à ses séances conceptuelles, Sandra publie toutes ses photos en même temps. L'effet d'anticipation et de surprise pour les participants est tel que la publication des photos crée à chaque fois un certain engouement. Intriguée par le phénomène, je lui ai demandé si elle y avait songé comme une stratégie marketing. Voici sa réponse :

«Pour la publication, ce n'est pas vraiment une stratégie en fait. Par contre, les séances ont toutes un concept qui ne sera fait qu'une seule fois. Donc, si les gens voient un thème qui leur plaît, c'est à ce moment-là qu'ils doivent participer. Cela permet une certaine exclusivité, un effet de rareté, en quelque sorte. Les gens ont aussi très hâte de voir leurs photos, surtout pour les séances conceptuelles. Il y a beaucoup de travail qui est fait en post-production. Il me faut parfois un mois pour terminer, à travers mes autres contrats. Je modifie les photos dans Photoshop, j'ajoute des choses, donc les gens ont très hâte de voir ce que ça va donner. Il est là, l'engouement! »

D'ailleurs, la séance qui a créé les plus belles surprises pour les modèles, c'est la séance Galaxie. Pour celle-ci, Sandra a ajouté des étoiles et des nébuleuses autour des modèles, alors que celles-ci avaient été photographiées sur un simple fond noir. Le succès de la séance a été phénoménal.

«Je publie tout en même temps parce que ces gens-là sont tous passés sous ma lentille en même temps. Alors pourquoi est-ce que je publierais la photo d'une personne une semaine avant et l'autre personne devrait attendre? C'est un peu par souci d'équité que les personnes reçoivent toutes leurs photos en même temps.» 

Comment se garder passionné à jamais

L'un des secrets pour rester passionné en photo, c'est de faire des projets qui nous passionnent et qui nous inspirent. Pour Sandra, la liste de séances conceptuelles ne s'achèvera jamais.

«J'ai des idées pour les 20 ans à venir! Si ce n'était que de moi, je ferais une séance conceptuelle à chaque deux semaines! Mais, j'ai le souci du détail alors c'est vraiment important pour moi de prendre le temps de bien construire ces idées-là. Cela me permet d'avoir un résultat final qui est à la hauteur de mes attentes et des attentes de gens aussi. Parce que oui, les gens aiment l'expérience, mais pour moi, le résultat est aussi important que l'expérience elle-même.»

«Si tu donnes ton 100%, tu ne peux pas avoir de regrets. C'est pour cela aussi que j'ai fait le saut pour travailler à temps plein en photo cette année. Avant, j'avais un deuxième emploi qui m'assurait une stabilité financière. Mais, je me suis dit que  je ne mettais pas tous mes efforts et tout mon temps à 100% dans la photographie, je ne pouvais pas récolter 100% de ce qui était possible d'avoir.»

Faire la transition vers une carrière en photo : lentement, mais sûrement!

Devenir photographe est une décision qui doit être réfléchie. Pour Sandra, la transition s'est fait lentement, en prenant soin de tenir compte de ses chiffres d'affaires et de ses besoins.

«C'est certain que c'est bien d'avoir des rêves et d'avoir confiance en soi, mais il faut penser quand même sur le long terme et à l'avenir. Je me suis appuyée sur mes chiffres d'affaires en me disant qu'à ce point, je pouvais presque en vivre. J'ai la chance d'avoir un conjoint qui me soutient dans cette aventure et qui rend le tout possible.»

«Lorsqu'on se lance à temps plein, il faut s'assurer d'avoir au moins quelques clients réguliers. Je fais beaucoup de photos pour des particuliers, ce qui est plutôt aléatoire. Par contre, j'ai des clients réguliers comme des designers comme Akroche Tatuk, Violette et  Putré-Fashion. Ces clients reviennent plusieurs fois par année et m'assurent une certaine stabilité en plus des séances conceptuelles qui reviennent chaque 2 mois.»

Bref, il est normal de ne pas pouvoir vivre de la photo dès le jour 1. Il aura fallu 4 ans à Sandra avant de faire la transition.

Conclusion

En conclusion, Sandra nous aura donné une bonne dose d'inspiration, pour nous pousser à faire plus de projets personnels et d'oser publier.

«N'ayez pas peur de suivre vos idées. Il arrive souvent que ça ne plaise pas à tout le monde, mais si ça vous plaît à vous, c'est sur que ça va plaire à d'autres. Donc, n'ayez pas peur de foncer, d'avoir confiance en vous! N'ayez pas peur non plus de demander conseil à des photographes professionnels, de demander de l'aide à d'autres professionnels de la coiffure ou du maquillage. Si vous voyez une certaine modèle dans un concept, écrivez-lui. Le pire qui va arriver c'est qu'elle vous dise non!»

Bref, j'espère que cette entrevue vous a plu! Pour voir plus du travail de Sandra, visitez sa page Facebook et son site web!

Sur cette belle dose de motivation, je vous dis à la prochaine, et bonnes photos!


à propos de moi

Trois ans après la fin de mes études en photo, je suis toujours aussi passionnée. J’ai pratiqué la photographie dans de nombreux créneaux, du portrait à l’événementiel en passant par l’immobilier, la mode, le mariage, les bals de finissants et la photographie scolaire. J’ai été publiée sur des sites d’actualité musicale, en plus de photographier pour des catalogues de vêtements, de faire vendre des maisons, de travailler dans un studio de portrait et de photographier les élèves du primaire et du secondaire dans tout le Québec. Maintenant, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre, afin que la photographie devienne accessible à tous et qu’elle vous fasse sentir aussi vivant que moi! 

5 trucs pour capturer des portraits riches en émotions!

Imaginez ceci. Vous partez faire des portraits. Vos sujets sont un couple parfait qui vous rend presque envieux… #relationshipgoals. Dehors, la lumière est parfaite et la température est vraiment de votre côté. Vous avez vous votre objectif fixe préféré et vous réalisez des bokeh incroyables. La séance se déroule très bien et vous êtes très content. 

Arrivé devant l’ordinateur par contre, vous êtes perplexe : il manque quelque chose à vos images… mais quoi?

Qu’on soit débutant en photographie ou plus expérimenté, saisir l’émotion dans un portrait peut être vraiment difficile. Il faut arriver à penser aux poses, à l’éclairage, et à garder le sujet détendu, tout à la fois. 

Heureusement, cela n’a pas besoin d’être compliqué. Aujourd’hui, je vous donne quelques trucs pour vous amuser, exercer votre créativité et traduire de vraies émotions dans vos photos!

Le rôle du photographe dans la transmission d’un message

L’émotion perçue dans un portrait est liée directement à la vision que vous avez en créant votre portrait. En effet, vous avez le pouvoir total sur le moment où vous appuyez sur le déclencheur, ce que vous choisissez d’inclure ou non dans l’image et les directives données aux modèles.

Ainsi, il arrive que la personnalité d’un sujet semble différente en photo que ce qu’elle est dans le quotidien, ce qui n’est pas mauvais en soi.

La photographe de presse Victoria Will exprime très bien ce phénomène. Le portrait, dit-elle, ce n’est pas d’illustrer toute la personnalité de quelqu’un dans une image, mais plutôt de capturer son état d’âme à ce moment précis dans le temps. 

L’information que vous avez réussi à recueillir sur votre sujet au moment de la prise de vue changera donc forcément le résultat, de même que le décor et le contexte utilisé.

Quoi qu’il en soit, ne paniquez pas! Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de capturer l’émotion et la personnalité d’un sujet dans un portrait. La photographie est un art, et non une science! 

Pour voir ce phénomène en action, je vous invite à visionner cette vidéo virale, où un groupe de photographes reçoit des informations différentes au sujet d’une même personne. Les résultats sont incroyables!

Commencer par le commencement : la conversation

Je ne connais personne qui est automatiquement à l’aise devant l’appareil photo.

Personne. 

Pourquoi?  Soyons honnêtes, il est rare que nous ayons l’opportunité d’être photographié par quelqu’un qui sait vraiment ce qu’il fait. À l’époque des médias et de l’image, les caméras sont tournées vers nous à tout moment, que l’on soit à notre meilleur…ou pas. On se retrouve donc souvent avec des photos de soi qui nous donne envie de dire : "Mais kessé ça!?!!!"

Il est donc tout à fait normal de devenir nerveux lorsque l’appareil est tourné vers nous. De quoi ai-je l’air? Est-ce que mes cheveux sont bien placés? Ai-je quelque chose entre les dents? Mon maquillage est-il encore à point? Est-ce que mes vêtements sont corrects?

Cette conversation intérieure peut vite prendre toute la place. C’est pourquoi il est très important de discuter avec vos sujets pour éviter qu’ils deviennent envahis par ce genre de questions.

De quoi devriez-vous parler? 

Commencez par un sujet plutôt vaste et moins personnel. Bon, je ne parle pas nécessairement de discuter de la température, mais plutôt de vous intéresser à vos sujets avec des questions générales. Si vous ne savez pas de quoi discuter, regardez autour de vous pour vous inspirer.

Par exemple, si vous êtes dans un secteur particulier de la ville pour la séance, demandez à vos sujets s’ils sont déjà venus dans le coin. Demandez-leur quels sont leurs endroits préférés. Ensuite, pourquoi ne pas leur demander de vous raconter des anecdotes amusantes qu’ils ont vécues à ces endroits? 

Évidemment, gardez l’oeil collé à votre appareil pendant la conversation, et guettez les expressions de vos sujets alors qu’ils racontent leurs histoires! Vous obtiendrez de superbes mimiques propres à eux qui surprendront vos sujets! L’émotion se dégagera alors facilement de vos photos!

N’oubliez pas de donner en même temps des directives à vos sujets pour qu’ils sachent exactement comment se positionner pour être avantagés aux yeux de l’appareil photo.

Donnez à vos sujets quelque chose à faire, et surveillez leur réaction!

Parfois, le simple fait de diriger vos sujets en termes de poses ne sera pas suffisant. Il faudra trouver une façon créative d’obtenir le résultat recherché. 

Si vous photographiez un couple, vous pouvez demander à madame de détacher le premier bouton de chemise de monsieur. Alors qu’elle s’exécute, vous pouvez lancer: "juste le premier"!

Éclats de rire garantis! 

Vous pouvez demander à monsieur de sentir l’oreille de sa conjointe ou de lui chuchoter un truc idiot. Vous pourrez alors capturer des tonnes d’émotions différentes : la surprise, le rire etc. 

Si vous voulez voir des photos de couples remplies d’émotions authentiques, vous devez absolument voir le travail de Josh et Meg Shouder, de Love is a big deal.

Spécialisés dans les séances de mariage et de fiançailles, ils se sont fait connaître grâce à leur méthode Unposed. L’idée derrière cette méthode est de ne pas placer le sujets, mais plutôt d’obtenir des réactions par le jeu. Leurs photos sont magnifiques et touchantes. Vous pouvez voir plus de leurs superbes images ici

Pour raconter une histoire, utilisez l’environnement du sujet

Parfois, l’émotion dans un portrait se trouve bien au-delà de la personne elle-même. L’émotion peut se trouver dans l’éclairage, le décor, et l’ensemble des indices que vous laissez à vos spectateurs pour comprendre la personnalité de vos sujets.

Dans cette photo, le photographe Keenan Constance nous donne des indices sur la personne qu'il a photographiée grâce à la lumière et la théière. On peut présumer qu'il s'agit d'une personne de nature sereine qui pratique le yoga, par exemple. 

Si vous êtes invités à photographier vos sujets dans leur environnement, que se soit au travail ou à la maison, demandez-leur de vous faire visiter les lieux, si le temps le permet.

Durant la visite, posez des questions. Qu’est-ce qui vous a amené à aménager l’espace de cette façon? Quel est votre endroit préféré? Pourquoi utilisez-vous cette pièce la plupart du temps?

Les réponses peuvent vous surprendre et vous donner des idées d’éléments à intégrer dans vos photos pour montrer la personnalité de votre sujet. 

Lorsque vous voyez des objets intéressants, posez des questions à leur propos. Est-ce un souvenir de voyage? Une oeuvre fabriquée par son propriétaire? Une aubaine dénichée dans une vente de débarras? Les gens sont souvent très fiers de raconter ces anecdotes. Cela vous donnera alors beaucoup d’inspiration. Vous susciterez également la curiosité de vos spectateurs, qui chercheront à en apprendre plus sujet en jouant au détective!

Pour son autoportrait, le vidéaste et photographe Jakob Owens ne pouvait être plus clair quant à sa personnalité! On perçoit immédiatement sa passion pour le sport, le plein air et la production vidéo, en plus de son énergie débordante!

Faire place à la réflexion : l’émotion pure dans vos photos!

Parfois, on veut aller plus loin que les sourires et les éclats de rire. On veut que notre photo raconte réellement l’histoire de notre sujet, qu’elle transmette sa personnalité et que nos spectateurs ressentent l’émotion à travers l’image.

Pour arriver ce résultat, il faut aller plus en profondeur que les conversations à propos de la pluie et du beau temps. Pour transmettre une véritable émotion dans votre photo, il faut aller chercher l’histoire personnelle du sujet, trouver ce qui la rend unique…et s’y intéresser. Vraiment.

Par exemple, vous pouvez commencer en demandant à la personne de vous donner un conseil. Ce conseil sera probablement assez vague, du genre : vivez le moment présent. Il faudra alors inviter la personne à élaborer. Par exemple, demandez lui si il y a un moment où elle n'a pas vécu le moment présent? Cela forcera la personne à réfléchir et à vous raconter une tranche de vie qui lui est propre. Vous capturerez alors toute la sensibilité de votre sujet.

L’idée est d’entamer une conversation et d’aller de plus en plus en détail, jusqu’à ce qu’une émotion ou un moment digne d’être capturé se présente!

Si vous voulez en apprendre plus à ce propos, vous devez absolument connaître Brandon Stanton. Auteur de la série Humans of New-York, il a approché plus de 10 000 inconnus dans les rues de New-York et partout dans le monde, pour leur tirer le portrait et raconter leurs histoires.

 Je vous invite à aller regarder cette vidéo, où il explique son approche.

Conclusion

Bref, capturer une émotion sincère dans vos portraits dépend d’abord et avant tout de votre capacité à générer cette émotion au moment de la prise de vue.

Pour ce faire, vous pouvez procéder de plusieurs façons. 

Vous pouvez entamer une conversation avec vos sujets à partir de l’une de vos observations, pour ensuite les amener à vous raconter une anecdote comique. Profitez de l’occasion pour capturer leurs mimiques alors qu’ils vous racontent les événements. 

Vous pouvez aussi faire preuve d’originalité dans vos directives en termes de poses. Guidez vos sujets avec des actions qui peuvent sembler loufoques, comme souffler sur le front de son partenaire pour simuler un baiser, par exemple. Cela générera des photos candides que vos modèles chériront.

Les lieux et les accessoires utilisés dans les photos peuvent ajouter énormément d’émotion dans vos portraits. N’hésitez pas à interroger vos sujets sur leurs lieux préférés, leurs objets significatifs, etc. Ceci donnera plus d’informations à vos spectateurs pour les guider dans la compréhension de votre message! 

Enfin, certains photographes sont vraiment maîtres dans l’art de connecter avec leur sujet pour connaître leurs rêves, leurs aspirations, leurs joies et leurs douleurs. Brandon Stanton est un exemple à suivre pour créer des connexions avec ses sujets et obtenir des images magnifiques remplies d’émotions. 

Évidemment, cela fait beaucoup de choses à maîtriser! La plupart d’entre nous (moi y compris) prendront du temps pour utiliser tous ces moyens de rendre l’émotion dans nos portrait. 

Si vous avez des trucs et suggestions, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires! 

Sur ce, je vous dis à la prochaine, et bonnes photos!  


à propos de moi

Trois ans après la fin de mes études en photo, je suis toujours aussi passionnée. J’ai pratiqué la photographie dans de nombreux créneaux, du portrait à l’événementiel en passant par l’immobilier, la mode, le mariage, les bals de finissants et la photographie scolaire. J’ai été publiée sur des sites d’actualité musicale, en plus de photographier pour des catalogues de vêtements, de faire vendre des maisons, de travailler dans un studio de portrait et de photographier les élèves du primaire et du secondaire dans tout le Québec. Maintenant, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre, afin que la photographie devienne accessible à tous et qu’elle vous fasse sentir aussi vivant que moi!