Le triangle d'exposition : exercer sa créativité sans affecter la lumière

Le triangle d’exposition : une infinité de possibilités!

Après avoir appris les bases de l'exposition et de ces différents paramètres, pourquoi ne pas s'aventurer dans le mode manuel? Ça ne doit pas être compliqué...right?

Si vous êtes comme moi, je parie que vos premières expériences se sont résumées à ceci : essais, erreurs, essais, erreurs, essais...encore ERREURS!

Le mode manuel est souvent complexe et difficile à maîtriser pour les débutants. C'est normal et je vous comprends! Après tout, il y a plusieurs boutons à connaître, plusieurs contrôles à maîtriser...et ce n'est pas toujours évident d'arriver à la bonne exposition.

Mais, ne vous découragez pas! Déjà, si vous avez lu l'article sur l'exposition, vous avez une base très solide sur l’un des aspects les plus importants de la photographie! Vous savez ce qu’est l’exposition et ce qui peut l’influencer, à savoir l’ouverture, la vitesse, et l’ISO.

Mais après avoir appris toutes ces notions, après avoir pratiqué dans les modes semi automatiques, vous aimeriez vous aventurer dans le mode manuel pour avoir un maximum de contrôle? Il ne vous manque qu’un élément à maitriser : le triangle de l'exposition

Le triangle d'exposition, c’est quoi?

Le triangle d'exposition est une loi qui définit le lien de cause à effet entre chacun des paramètres d’exposition. En français, cela veut dire que chacun des trois est inter-relié : si on modifie l’ISO, l’ouverture ou la vitesse, pour arriver à la même exposition, nous devrons modifier un autre des paramètres pour conserver la même lumière. 

Pourquoi utiliser le triangle d'exposition?

Le triangle d'exposition est très utile lorsque vous souhaitez changer les effets de profondeur de champ ou de mouvement dans vos photos sans affecter l’exposition. 

En effet, le triangle de l'exposition sert à obtenir un effet précis dans vos photos sans compromette une bonne exposition. Par exemple, il se pourrait que vous souhaitiez ajouter un flou d'arrière plan en augmentant votre ouverture. En mode manuel, si vous modifiez l'ouverture, votre exposition changera. Alors, vous devrez aussi modifier un autre paramètre d'exposition pour maintenir la même luminosité.

Dans cette situation, nous avons un bel exemple de l’effet du triangle d''exposition. À exposition identique, l’effet de chaque image est différent. Pour l’image de gauche, j'ai utilisé les paramètre suivants : ISO 50, f/22, 1/15 secondes. La petite ouverture m'a permis de rendre presque nette les branches, qui étaient beaucoup plus près de l’appareil que la chute. De plus, la vitesse plus lente (sur trépied) a dessiné le mouvement de l’eau de la chute. Pour la seconde photo, à droite, mes paramètres étaient de 50 ISO, F/4, 1/500 seconde. L’ouverture plus grande a rendu les branches plus floues, jusqu’à pratiquement disparaître. Cette fois, par contre, le mouvement de l’eau a été figé par la vitesse beaucoup plus rapide. 

Dans cette situation, nous avons un bel exemple de l’effet du triangle d''exposition. À exposition identique, l’effet de chaque image est différent. Pour l’image du haut, j'ai utilisé les paramètre suivants : ISO 50, f/22, 1/15 secondes. La petite ouverture m'a permis de rendre presque nette les branches, qui étaient beaucoup plus près de l’appareil que la chute. De plus, la vitesse plus lente (sur trépied) a dessiné le mouvement de l’eau de la chute. Pour la seconde photo, en bas, mes paramètres étaient de 50 ISO, F/4, 1/500 seconde. L’ouverture plus grande a rendu les branches plus floues, jusqu’à pratiquement disparaître. Cette fois, par contre, le mouvement de l’eau a été figé par la vitesse beaucoup plus rapide. 

Mais comment savoir de combien modifier chacun des paramètres pour arriver au résultat escompté? Je pense qu’on est dus pour une petite métaphore!

La métaphore du verre d’eau

Pour expliquer le triangle de l'exposition, rien de mieux que la métaphore du verre d’eau. Je sais, cet exemple est assez classique, mais il l'est pour une bonne raison : il est efficace!

Imaginons que le verre d’eau correspond au capteur et à sa sensibilité (ISO), que le robinet et le débit d’eau représentent l’ouverture du diaphragme et que le temps pour remplir le verre représente la vitesse d’obturation. Supposons également qu’un verre plein à ras bord soit une exposition correcte.

Dès qu’on change l’un des trois éléments, forcément, quelque chose d’autre changera. Pas certain de comprendre? Allons-y avec quelques exemples.

Disons que j’ai un grand verre d’eau de 500 ml à remplir, en utilisant le débit maximal d’eau dans mon robinet. Cela prendra relativement peu de temps à remplir mon verre, probablement environ 4 secondes.

Dans cet exemple, nous pouvons remplacer les données par nos paramètres de photo. Supposons que notre verre est un capteur réglé à une sensibilité de 100 ISO, que mon robinet au maximum correspond à un objectif à son ouverture maximale, disons f/2.8 et que le temps de remplissage du verre d’eau, pour garder un chiffre rond, correspondant à une vitesse d’obturation de 4 secondes.

Si je change mon verre de 500ml pour un verre de 250ml, soit deux fois plus petit, en gardant le débit d’eau au maximum, qu’arrivera-t-il au temps qu’il faudra pour le remplir? Forcément, il diminuera..de moitié!

Transposé en photographie avec notre exemple précédent, notre ISO de 100 devient alors 200, notre ouverture de f/2.8 reste la même, mais comme on a doublé la sensibilité du capteur à la lumière, il faudra réduire le temps d’exposition de moitié pour éviter que le capteur ne «déborde» de lumière! Notre 4 secondes du départ deviendra alors 2 secondes.

Dans cet exemple, le même débit d’eau est utilisé. Par contre, nous avons un verre qui est pratiquement deux fois plus petit dans l’exemple de droite. Il se remplit donc beaucoup plus vite pour avoir une quantité d’eau égale au verre de gauche.

Dans cet exemple, le même débit d’eau est utilisé. Par contre, nous avons un verre qui est pratiquement deux fois plus petit dans l’exemple du bas. Il se remplit donc beaucoup plus vite pour avoir une quantité d’eau égale au verre du haut.

Je sais que cela fait beaucoup d'information à digérer par écris, alors j'ai pensé à tous mes amis visuels parmi vous! Voici donc une petite vidéo très bien faite pour voir la métaphore du verre d'eau en action!

Comment calculer les différences de luminosité?

Vous avez probablement déjà entendu le terme «stop» en rapport avec la lumière, mais de quoi s’agit-il? Non, ce n’est pas pour vous dire quand arrêter de tourner vos molettes de réglages! Le «stop» est simplement une unité de mesure de la luminance (c'est-à dire, la quantité de lumière). Chaque fois qu’on double ou qu’on diminue de moitié la quantité de lumière totale, on a affaire à un stop.

Par exemple, disons que pour avoir l’exposition correcte j’ai besoin de deux ampoules. Si j’enlève une ampoule, j’ai la moitié moins de lumière. Donc, j’ai diminué la luminosité de 1 stop. Si, par contre, j’éclaire la scène avec 4 ampoules plutôt que deux, alors j’ai doublé la luminosité. Alors, on a augmenté d’un stop.

Les stops et l’ISO

Pour l’ISO, c’est très simple. Quand le nombre ISO double, alors on a une différence d’un stop. Par exemple, de ISO 100 à 200, on a +1 stop. De 800 à 400, on a -1 stop.

Souvent, les appareils photos permettent de faire des réglages précis qui sont moins important que de doubler ou réduire de moitié la lumière.

Selon les paramètres choisis sur votre boîtier, vous aurez des paliers de 1/3 ou 1/2 stop. Certains appareils d’entrée de gamme ne permettront pas cette précision au niveau de l’ISO. Il faudra donc y faire plus attention.

Les stops et la vitesse

Pour la vitesse d’obturation comme pour l’ISO, le calcul demeure très intuitif. Par exemple, si vous utilisez une vitesse d’une seconde et passez à une vitesse de 2 secondes, alors vous doublez le temps d’exposition, ce qui donne une différence de +1 stop.

Inversement, si en partant d’une seconde vous changez pour 1/2 seconde, nous aurons une différence de -1 stop. Encore là, vous aurez des nombre entres ces valeurs «pleines» pour plus de précision, souvent des tiers ou demi stop.

Attention cependant! Les valeurs de vitesse se comptent très bien, à part 2 petites exceptions : de 1/8 à 1/15, on considère qu’il s’agit d’une différence dune stop. De 1/60 à 1/125 aussi. Il faut croire que les fabricants d’appareils photos voulaient conserver de beaux chiffres. Imaginez 1/8 - 1/16 - 1/32 - 1/64 - 1/128 - 1/254 de secondes… cela n’aurait pas de sens!

Les stops et l’ouverture

Lorsqu’on arrive avec l’ouverture, il devient moins intuitif de juger quelles valeurs constituent une modification d’un stop, car elles ne sont pas linéaires, c’est à dire que f/8 n’est pas deux fois plus grand que f/16.

Sans entrer dans les détails de pourquoi c’est comme ça, je vais simplement vous donner les ouvertures qui correspondent à des paliers d’un stop : f/1 - f/1.4 - f/2 - f/2.8 - f/4 - f/5.6 - f/8 - f/11 - f/16 - f/22 - f/32.

Encore une fois, vous aurez également le choix de 1/2 ou de tiers de valeurs pour augmenter la précision des changements que vous voudrez apporter.

Comment maîtriser le triangle d'exposition?

Je sais que ce sujet du triangle d'exposition est assez lourd et pas toujours facile à maitriser. Je me souviens de mes premiers examens théorique en photographie, où j’écrivais sur le haut de ma feuille de réponse tous les crans d’un stop d’ouverture, de vitesse et d’ISO que j’avais appris par coeur! Je les encadrais et je comptais le nombre d’encadrés qu'il y avait entre chacun. Comme l’examen était seulement à l’écris, je n’avais pas le loisir d’utiliser mon appareil photo à titre de référence! 

Heureusement, sur le terrain, avec votre appareil dans les mains, c’est beaucoup plus facile à calculer! Si votre caméra fonctionne en tiers de valeurs, la molette de contrôle tournera, logiquement, de trois crans avant d’avoir modifié l’exposition d’un stop.

Mon conseil serait de vous exercer à modifier l’exposition pour une même scène, en mode manuel, en prenant une première photo, puis en ajustant 2 paramètres respectivement de 3 crans de plus sur la molette de contrôle, et 3 crans de moins pour l’autre, pour ensuite reprendre une photo.

L’exposition restera la même, mes vous verrez en temps réel les changements de vitesse, ouverture et ISO. Vous pouvez aussi vous référer à ce tableau, qui est un très bon aide-mémoire!

Pour terminer

En bref, nous avons vu que pour savoir comment utiliser le mode manuel, il est impératif de comprendre le triangle d'exposition. Nous avons vu comment fonctionne ce principe grâce à la métaphore du verre d'eau.

En passant, si vous aimeriez avoir une autre métaphore pour mieux comprendre, je vous invite à visiter mon article sur l'exposition ici.

Ensuite, nous avons discuté de la notion de stop, qui permet de calculer les différences de luminosité entre deux valeurs d'exposition.

Enfin, nous avons vu les valeurs principales d'ISO, de vitesse et d'ouverture et j'ai terminé en vous donnant quelques trucs pour éviter les erreurs lorsque vous modifiez vos paramètres, grâce aux crans de vos molettes de contrôle. Avec tous ces conseils, vous devriez être en mesure de vous débrouiller sur le terrain!

Sur ce, si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le partager avec vos amis! Si vous avez des questions, ne vous gênez pas de me laisser vos interrogations en commentaire ou via la boîte de clavardage!

Su ce, je vous dit à la prochaine, et bonnes photos! 


à propos de moi

Trois ans après la fin de mes études en photo, je suis toujours aussi passionnée. J’ai pratiqué la photographie dans de nombreux créneaux, du portrait à l’événementiel en passant par l’immobilier, la mode, le mariage, les bals de finissants et la photographie scolaire. J’ai été publiée sur des sites d’actualité musicale, en plus de photographier pour des catalogues de vêtements, de faire vendre des maisons, de travailler dans un studio de portrait et de photographier les élèves du primaire et du secondaire dans tout le Québec. Maintenant, je souhaite partager ma passion avec le plus grand nombre, afin que la photographie devienne accessible à tous et qu’elle vous fasse sentir aussi vivant que moi!